Thérapie ICV

 "Il existe une boîte dans la partie du cerveau qui conserve la mémoire – une boîte à musique au vernis égratigné – et diffuse les notes d'une mélodie obsédante. Empilé à l'intérieur, il y a tout ce que l'esprit ne veut pas oublier ni n'ose se rappeler. Dans les moments de stress ou sous l'effet d'un traumatisme, ou peut-être sans raison visible, la boîte s'ouvre et son contenu se répand à la ronde."

Elif Şafak, écrivaine . in Trois filles d'Eve

Qu’est ce que la thérapie « ICV » ?

Thérapie créée par Peggy Pace, psychothérapeute américaine au début des années 2000, qui est basée sur des recherches en neurosciences portant sur l’anxiété, le trauma et l’attachement.
Lorsqu’un événement trop difficile ne peut être « digéré », il est déconnecté des autres réseaux neuronaux et n’est pas vécu comme passé lorsque l’on se le remémore.
Exemple typique : une personne ayant eu une grosse frayeur lors d’un accident de voiture, qui se met à avoir des palpitations, tremblements, à chaque fois qu’elle remonte dans une voiture, même des années après l’accident. Elle a beau savoir que l’accident est loin derrière elle, son corps réagit comme s’il ne le savait pas.
L’ICV est une approche qui facilite un soulagement souvent rapide tant sur le plan psychologique que physiologique.
Elle repose sur le fait de relancer l’intégration neuronale et la capacité innée du corps et du psychisme à se guérir. Elle est efficace pour tout type de problème psychologique et cela sans retraumatiser. Elle est efficace aussi bien sur les traumas simples (un seul évènement traumatique) que les traumas complexes (violences familiales ou conjugales, inceste etc.)

 

Comment fonctionne-t-elle ?

Les émotions négatives (stress, anxiété, tristesse, peur, colère) peuvent parfois perturber notre quotidien, surtout lorsqu’elles impactent nos comportements.
Lorsque des événements du passé continuent d’influencer notre comportement, consciemment ou non, nous réagissons dans le présent de façon inadaptée aux enjeux actuels, comme si nous cherchions à résoudre la ou les situations du passé non résolues.
L’ ICV va permettre une modification en profondeur.
En thérapie centrée sur la parole, beaucoup de patients sont en capacité de comprendre pourquoi leur comportement est inadapté, pour autant ils diront :
« mais je ne peux pas faire autrement, c’est plus fort que moi ! ».

L’ICV permet la « digestion » des émotions du passé en connectant les réseaux de neurones les uns aux autres afin de dater les événements passés et faire en sorte que le corps n’y réagisse plus malgré nous ; sentir dans son corps que le passé est terminé est ce qui assure le changement.
L’outil principal du thérapeute est une liste de souvenirs succincte (ligne du temps) que le patient établit seul ou avec l’aide du thérapeute.
Elle va permettre au patient de comprendre que les souvenirs du passé sont réellement passés et que les stratégies développées dans le passé pour y faire face n’ont plus de raison d’être. Le cerveau comprend que l’événement est bien terminé. Nous sommes constitués de la somme de nos expériences, lorsque les émotions liées aux souvenirs s’estompent, le comportement change.
La répétition de la ligne de temps, permet la connexion entre les différents neurones sollicités grâce à l’imagerie mentale, et démontre au cerveau que les événements douloureux sont terminés.
Grace à la plasticité du cerveau, cette thérapie permet d’obtenir des fondations, un soi central solide en permettant la connexion entre le corps et l’esprit.

 

Les indications

Troubles anxieux – Dépression – Traumatismes – Troubles du comportement alimentaire – Addictions – Carences affectives, troubles de l’attachement

Les référentiels théoriques :

La Théorie polyvagale (Stephen Porges), la Somatic Experiencing (Peter Levine), le développement cérébral précoce, attachement et régulation émotionnelle (Gabor Maté), Allan Schore, Daniel Siegel, la dissociation traumatique (Johanna Smith, Muriel Salmona)